Page:Mousseau - L'envers du journalisme, 1912.djvu/57

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
72
L’ENVERS DU JOURNALISME

dormant, les enjambant deux par deux, trois par trois.

Il arriva bientôt à une gare, endormie le long du chemin de fer. L’ombre qu’elle projetait lui déplut et il se hâta d’en sortir pour rentrer dans la demi-clarté de la lune.

Une voiture traversa la voie devant lui. Ses occupants revenaient évidemment d’une « veillée » et riaient gaiement. Il les regarda disparaître entre les deux rangées d’arbres qui aboutissaient à la voie et il continua son chemin, tout ragaillardi d’avoir entendu les rires de ces inconnus.

Il était maintenant dans une montée et il se rappela que le télégraphiste lui avait dit que lès trains ralentissaient leur marche à cet endroit et qu’il pourrait peut-être s’accrocher après un char et abréger ainsi le trajet.

Le bruit d’un train courant sur la voie s’approchait et Martin entendit haleter la locomotive, qui montait la côte.

Il se mit sur le remblai et attendit. Bientôt un pesant train de fret apparut, allant à une vitesse qui rendait très dangereux l’exploit que le télégraphiste avait conseillé à Martin. Celui-ci ne voulut pas risquer d’arriver en pièces pour arriver plus vite et il se remit à marcher entre les rails, qui vibraient encore du passage du train.

Il rencontra plusieurs gares. À chaque fois qu’il voyait que ce n’était pas encore Coteau Jonction, il accélérait le pas pour fuir le découragement.

À sa gauche, il apercevait les lumières du canal