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L’ENVERS DU JOURNALISME

cigare pris à même l’approvisionnement de l’hôtel. Son camarade faisait de même. Les calorifères répandaient une tiède et agréable chaleur. On voyait, par les fenêtres, scintiller la lune, entre les branches des arbres qui entouraient la large véranda.

C’était délicieux et reposant. On était à mille lieues des bruits de la ville, du brouhaha des affaires, des assemblées enfumées et bruyantes auxquelles il fallait parfois assister, le soir, pour rapporter, le lendemain, des harangues idiotes.

L’eau des sources était conduite à l’hôtel par des tuyaux dont un se rendait à une salle de bain, où non seulement on buvait l’eau minérale, mais où on se baignait aussi dedans, après qu’elle avait été préalablement chauffée.

Les visiteurs se rendirent au bain et on les invita à se plonger dans ces eaux médicinales. Martin fut un de ceux qui acceptèrent et il resta si longtemps au bain qu’on dut l’avertir qu’un séjour aussi prolongé n’était pas bon pour la santé.

La musique languit un peu, quand on retourna au salon. L’effet de l’heure avancée et du bain tiède se faisait sentir.

Martin monta bientôt à sa chambre. Il y faisait très chaud ; comme la température était encore assez clémente au dehors, il ouvrit la fenêtre pour la nuit.

Le matelas et les oreillers avaient des proportions gigantesques. Il s’y enfonça avec délices, aussi confortablement qu’un enfant dans son berceau.

Les moments de confort et de repos ne sont pas très fréquents dans l’existence d’un reporter. Il pen-