Page:Mousseau - L'envers du journalisme, 1912.djvu/80

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
101
L’ENVERS DU JOURNALISME

tour, vous ferez un compte rendu d’une demi-colonne. »

C’était vraiment alléchant et Martin se disposait à accepter, quand un rédacteur, qui traversait la pièce, entendit les dernières paroles de Lebrun. Il s’approcha et ajouta : « on va vous donner toute la boisson que vous voudrez. Si vous avez la tête forte, ça ira bien. »

Martin avait la tête assez forte et ne buvait du reste jamais plus qu’il ne convenait. Il accepta donc, avec plaisir. — Ce n’est pas tous les jours qu’un reporter a la chance de faire un séjour gratuit aux sources…

Le départ eut lieu l’après-midi. Un représentant de la compagnie accompagnait les journalistes, qui étaient au nombre d’une quinzaine.

Le trajet dura quelques heures, mais il sembla à Martin qu’il n’avait duré que quelques minutes.

L’hôtel était situé à un demi-mille de la gare. Quelques pouces et une belle neige brillante et argentée par les rayons de la lune couvraient le sol. La route craquait gaiement sous les pieds des excursionnistes, que le gérant de l’établissement reçut à bras ouverts. Un excellent souper les attendait.

Quand ils se furent remis de la fatigue du voyage, on passa au salon, où les artistes de la bande firent joyeusement résonner le piano.

Martin s’était assis près d’un superbe arbuste, avec un camarade. Enfoncé dans un moelleux fauteuil, il écoutait la musique et humait un excellent