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L’ENVERS DU JOURNALISME

Un loueur de chevaux faisait partie du club de chasse à courre et il s’engagea à fournir un cheval de chasse à Martin, pour le compte du journal, moyennant trois dollars pour la matinée. Il fut convenu que Martin se rendrait chez lui, le matin de la chasse, avec le photographe du journal. Tous les deux seraient conduits en voiture à Saint-Lambert, et ce n’est qu’à cet endroit que Martin monterait à cheval.

C’était un arrangement très judicieux, car si Martin avait monté chez le loueur, il eut pu être tenté de ne pas aller plus loin. Mais en le faisant monter à Saint-Lambert, Lebrun croyait être plus sûr de son affaire.

Le voyage se fit sans incident. Toutefois, le photographe eut une peur bleue, à un tournant, quand le cheval qui trainait la voiture prit le galop pour suivre les chasseurs, qui précédaient, à cheval.

Tous ces messieurs furent d’une amabilité extrême pour Martin et son compagnon, le photographe. Outre qu’ils étaient de parfaits « gentlemen », ils n’étaient pas fâchés de voir faire un peu de réclame à leur sport favori.

Les chiens faisaient un vacarme d’enfer dans leur chenil. Ils avaient senti et entendu les chasseurs et leurs montures ; leur instinct leur disait qu’ils allaient entrer en chasse et ils étaient fous de joie.

Le piqueur ouvrit la porte du chenil et ils se précipitèrent dehors, bondissant, se mordant les uns les autres et aboyant à tue-tête. « La paix ! la