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NOELS ANCIENS

l’abbé Lazare-Arsène Barbarin, « personne mieux que lui ne lisait plus rapidement une partition et ne l’appréciait plus sûrement. Sans le secours d’aucun instrument, dans le silence de son cabinet d’études, et à première vue, il pénétrait à fond un ouvrage, si compliquée qu’en fût sa composition.»

Également familier avec les instruments d’orchestre, il savait bien saisir le caractère de chacun d’eux. Il les employait avec intelligence, toujours à propos, et de la manière la plus agréable. Il avait du reste ce qu’on pourrait appeler l’instinct de l’effet et devinait avec un bonheur et une justesse remarquables tout ce qui était le mieux apte à le produire.

C’est avec ce concours heureux de connaissances théoriques et expérimentales qu’il entreprit, en 1859, la composition d’une messe dédiée à l’Enfant Jésus, Deo Infanti, écrite, en entier, sur d’anciens airs de cantiques de Noël.

L’initiative dans ce genre de travail ne lui appartient pas. L’honneur et le mérite en reviennent à un musicien français Stéphane-Louis Nicou-Choron, et Perrault s’inspira, non point de l’œuvre, mais de l’idée de ce maître qui avait publié une Petite messe pour la Nativité de Notre-Seigneur, entièrement composée sur des airs de noëls, — pour trois voix d’enfants, avec orgue et orchestre.

Né à Paris, le 20 avril 1809, Nicou fut admis dès l’âge de dix ans à l’école de Choron qui le prit en affection à cause de son intelligence et de ses dispositions artistiques. Il devint, plus tard, professeur de cette même école, et, en 1832, y fut nommé inspecteur des études. À la mort de son maître, dont il était devenu le gendre, Nicou prit la direction effective de l’école, mais celle-ci, abandonnée par le gouvernement et laissée à ses seules forces, ne tarda pas à disparaître. Tout en se livrant à l’enseignement particulier, Nicou-Choron s’adonna avec ardeur à la composition et publia, ou fit exécuter, un grand nombre d’œuvres de musique religieuse. On lui doit, entre autres,