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698 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

— Ajoutons qu'il est le seul précisément qui pouvait me dénoncer.

— Tout n'est pas sans espoir, vous voyez bien. Julius se leva, se dirigea vers la fenêtre, rectifia les plis

du rideau, revint sur ses pas, puis, penché en avant, les bras croisés sur le dos du fauteuil qu'il venait de quitter :

— Lafcadio, je ne voudrais pas vous laisser partir sans un conseil : Il ne tient qu'à vous, j'en suis convaincu, de redevenir un honnête homme, et de prendre rang dans la société, autant du moins que votre naissance le permet... L'Eglise est là pour vous aider. Allons ! mon garçon : un peu de courage : allez vous confesser.

Lafcadio ne put réprimer un sourire :

— Je vais réfléchir à vos obligeantes paroles. — Il fit un pas en avant, puis : — Sans doute préférez-vous ne pas toucher une main d'assassin. Je voudrais pourtant vous remercier de votre...

— C'est bien ! c'est bien, fit Julius, avec un geste cordial et distant. — Adieu, mon garçon. Je n'ose vous dire : au revoir. Pourtant, si, dans la suite, vous...

— Pour le moment, vous ne voyez plus rien à me dire ?

— Plus rien pour le moment.

— Adieu, Monsieur.

Lafcadio salua gravement et sortit.

Il regagna sa chambre, à l'étage au-dessus. Il se dévêtit à demi, se jeta sur son lit. La fin du jour avait été très chaude ; la nuit n'avait pas apporté de fraîcheur. Sa fenêtre était large ouverte, mais aucun souffle n'agitait l'air ; les lointains globes électriques de la place des Thermes, dont le séparaient les jardins, emplissaient sa

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