Page:NRF 11.djvu/705

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


LES CAVES DU VATICAN 699

chambre d'une bleuâtre et diffuse clarté qu'on eût cru venir de la lune. Il voulait réfléchir, mais une torpeur étrange engourdissait désespérément sa pensée ; il ne songeait ni à son crime, ni aux moyens de s'échapper ; il essayait seulement de ne plus entendre ces mots atroces de Julius : " Je commençais de vous aimer "... Si lui n'aimait pas Julius, ces mots méritaient-ils ses larmes ? Etait-ce vraiment pour cela qu'il pleurait ?... La nuit était si douce, il lui semblait qu'il n'aurait eu qu'à se laisser aller pour mourir. Il atteignit une carafe d'eau près de son lit, trempa un mouchoir et l'appliqua sur son cœur qui lui faisait mal.

— Nulle boisson de ce monde ne rafraîchira plus dé- sormais ce cœur sec ! se disait-il, laissant couler ses larmes jusqu'à ses lèvres pour en savourer l'amertume. Des vers chantent à son oreille, lus il ne sait où, dont il ne savait pas se souvenir :

Afy heart aches ; a drowsy numbness pains M y sensés... Il s'assoupit.

Rêve-t-il ? N'a-t-il pas entendu frapper à sa porte ? La porte que jamais il ne ferme la nuit, doucement s'ouvre, pour laisser une frêle forme blanche avancer. Il entend appeler faiblement :

— Lafcadio... Etes- vous ici, Lafcadio ?

A travers son demi-sommeil, Lafcadio reconnaît pour- tant cette voix. Mais doute-t-il encore de la réalité d'une apparition si plaisante ? Craint-il qu'un mot, qu'un geste ne la mette en fuite ?. . . Il se tait.

Geneviève de Baraglioul, dont la chambre était à côté

�� �