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JI4 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

DÉDAIN

Il est donc vrai que les dieux nous ont abandonnés

à notre malheur Comme des hommes bas et communs f N'étaient-ils, les doux yeux eux-mêmes D'Artémis, qu'un mensonge; Les discours d'Hermès rien qu'un artifice, Et le rayonnement de la chevelure d'Apollon rien

qu'un leurre?

Désolés nous traversons une terre désolée ; Elles sont fermées, les hautes portes ; Nulle réponse à notre prière ; Rien ne nous est laissé que notre intégrité ; Nous ne murmurons pas contre le destin;

Nous disons seulement que nous sommes plus

justes que les injustes dieux, Plus compatissants queux.

��John Willington Synge and the Irish Théâtre, par Maurice Bourgeois (Constable et O^, Londres).

On a plaisir à lire une biographie et une étude critique si bien faites, si complètes, et dont l'auteur a su faire, en même temps, un livre très attachant, parce qu'il reconstitue la personnalité de Synge comme un romancier pourrait le faire, et parce qu'il s'est lui-même livré sans crainte au plaisir le plus grand qu'on puisse trouver dans les études littéraires : le plaisir d'admirer. Synge (1871-1909) reste, dans l'histoire de la littérature anglo-irlandaise, comme le plus grand drama- turge qui soit sorti du mouvement auquel le nom de l'Abbey Théâtre de Dublin peut servir d'étiquette. Et, ce qu'il y a <ie curieux, c'est qu'il n'aura été, dans ce grand mouvement littéraire et national, qu'un passant, un homme de culture internationale, et peut-être le seul exemple d'un écrivain qui,

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