Page:NRF 15.djvu/590

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


584 LA NOUVELLE REVUE FRANÇALSE

Véronique causait avec Godeau. Il y avait iiuit jours qu'elle désirait sa venue. Celle qui n'a jamais dit « non » à sa mère, ne répond pas, quand elle l'appelle, à l'heure de kl mort.

— « Véronique ! » appelle une autre fois sa mère. Véronique causait avec Godeau. Il allait peut-être lui

dire à cette minute le mot qu'elle attendait depuis trois années. Godeau la presse d'aller vers sa mère. Elle le regarde toujours.

— « Véronique ! » appelle une dernière fois madame Pincengrain épuisée.

Véronique se souvient que sa mère se meurt. Elle prend le soin de s'excuser auprès de monsieur Godeau, avant de courir vers le lit.

— « Va, va causer avec Godeau, lui dit sa mère. II est trop tard. Sache que tu m'as fait mourir d'impa- tience et d'indignation, que tu es la pire des filles. Godeau, Godeau,... toujours Godeau...»

Les yeux de Madame Pincengrain fixaient sur Véro- nique un regard terrible. Prisca essaiera toute la nuit de les fermer.

VIII

Godeau arrive chez Véronique. Elle se tient auprès -de sa fenêtre depuis un an, pour le voir revenir.

— « Que Prisca est blonde ! pense-t-elle, depuis que mère est morte. Nous sommes grandes comme des anges, aussi grande l'une que l'autre. Il n'y a pas un ange noir plus noir que moi. Je crois que Prisca est la maîtresse d'un homme riche qui était le maitre de Godichon et que Godichon haïssait... Bonjour, monsieur Godeau ».

�� �