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KOTES 345

étude à faire sur le rire des divers métiers ou professions, sou- vent associé à un argot : rire des calicots, rire des commis- voyageurs, lire des a coloniaux » (avec son cycle provençal dont le héros légendaire Olive a envahi durant la guerre toutes les popotes d'officiers en campagne et aussi son cycle anna- mite), rire des Polytechniciens, etc.. Qui recueillera en France le folk-lore comique et grivois des métiers comme on l'a déjà recueilli pour les diverses provinces ?

Ces formes du rire, jusqu'ici transmises dans un milieu pro- fessionnel restreint et uniquement par la tradition orale, ne sont- elles pas appelées à élargir et ;\ renouveler le domaine du rire « d'expression littéraire » ? Et les Copains ne sont-ils pas en par- tie une tentative de ce genre, pour hausser jusqu'à la littérature et à l'humanité générale un rire de caractère particulier ?

Regardons-y de près. Le rire français contemporain, en litté- rature, se réduisait à trois courants principaux jusqu'à ces der- nières années. Un courant « Vieille France » qui perpétuait le rire de la Monarchie de Juillet (Henri Monnier — Gavarni — Labiche Jules Moineau) et dont le représentant typique est Courteline. Un courant d'assimilation du comique anglais dont les principaux représentants sont, après Alphonse Allais, Gabriel de Lautrec, Curnonsky, Mac Orlan (à ses débuts), etc.. Enfin un courant d'assimilation du comique juif, surtout suivi par des écrivains Israélites : Tristan Bernard, Duvernois, Max et Alex Fischer, et, dans les cabarets de Montmartre, Jules Moy.

Mais deux courants nouveaux se sont frayés la voie au cours- de ces dix dernières années, qui prennent de plus en plus d'importance et qui ne font que dériver au profit de la totalité des Français un sens du comique propre à un milieu qui n'est pas un milieu professionnel, mais qui y ressemble beaucoup :. un milieu scolaire. Le premier de ces deux courants a pour origine un point nettement localisé de la carte universitaire i c'est le collège Stanislas.

Pour définir ce que comporte de narquoiserie, de satire, d'irrespect, de pseudo-nihilisme, d'esprit de mots, le rire propre aux « Stan » il faudrait des pages, mais, pour caractériser ce rire, il suffira de citer les noms disparates de La Fouchardière, Pierre Chaîne (^Mémoires d'un Rat), Marcel Sembat, Henry de

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