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notes 545

Il faut que M. Porche continue à chercher avec la même sérieuse application. Plus loin, peut-être

Henri Franck.

�� ��L'HOMME EN PROIE AUX ENFANTS, par A. Thierry (Cahiers de la Quinzaine).

Ce livre est plein de sensibilité, de tendresse et de pitié. La pitié se fait rare de nos jours : la science la justifie mal, la religion l'exaltait, on la renie donc, ainsi qu'un sentiment un peu honteux. Plus de pitié, clame-t-on volontiers : de la justice. Comme bien d'autres, Albert Thierry s'est efforcé péniblement vers la justice. Il a atteint une iniquité plus grande encore, mais la pitié qui est en lui déborde et rompt ses digues. C'est presque jusqu'au bout le livre d'un poète fourvoyé, d'un instituteur faible et sans clairvoyance, hésitant et douloureux, inquiétant à force d'incompréhension et d'in- capacité.

Jeune, il ne se souvient plus de son adolescence. Les livres ont substitué leur médiocre système pédagogique et social à son souvenir qui, exact et vivace, eût suffi à le conduire dans sa tâche. La mémoire des années d'enfance peut-elle si vite dis- paraître ?

Victime d'une préparation hâtivement, nerveusement accu- mulée, de dogmes qu'il croit impératifs, voire d'aphorismes qu'il traîne avec lui sans plus de foi en leur vertu, il se sent inférieur aux enfants qu'il enseigne, impuissant à les connaître, inapte à les conduire.

Son humilité est étrangement profonde. Elle seule étonne déjà et suffirait à distinguer cet homme de ses pairs et de son temps. Il y a du pénitent chez lui. Le spectacle est pénible de sa libre-pensée subie de force, et contre quoi il fut sans défense ; victime d'une génération de libéraux qui poussèrent au-delà de l'utopie les conséquences de leurs conquêtes, il souffre d'un défaut d'autorité humaine ou divine, comme en

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