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45 2 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Sa mère était une bonne mère. Elle lui donnait des conseils :

— 11 ne faut pas t'ennuyer, mon petit. Vois donc, reste sur ta chaise, regarde-moi, ça te distraira.

Il faisait tout son possible pour ne pas s'en- nuyer. Il la regardait. Elle s'appelait Solange, Solange Blanchard. Lorsqu'elle en avait fini avec sa jupe, elle n'en avait pas fini avec toutes ses occupations.

Elle regardait autour d'elle tout d'abord pour voir ce qu'elle avait à faire. Elle regardait partout de crainte d'oublier quelque chose. Elle regardait tout droit en commençant. Elle voyait le mur d'en face. Charles Blanchard ne savait pas bien ce que c'est que lire : il avait une fois vu des gens qui lisaient une affiche posée à côté de la porte de la mairie : ils s'étaient campés, ils avaient regardé le mur pen- dant longtemps ; il croyait que sa mère aussi lisait une affiche qu'il ne voyait pas, mais qui était posée sur le mur de sa maison. Elle regardait ensuite dans les coins et c'était sans doute pour en savoir davantage. Elle ne s'en tenait pas là, car le plafond eût alors échappé à son attention. Quand elle l'avait regardé pendant un moment, il semblait que le plafond s'abaissât un peu, se mît à sa portée pour se mieux faire connaître. Après cela elle n'ignorait plus qu'une chose et elle passait en son étude. Il lui fallait apprendre ce

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