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LA FONTAINE D’APOLLON.

Ah ! qu’il saigne, ce cœur……

Jean Moreas.

Sous un antre épaissi de roche et de feuillage,
Dans les airs suspendu,
Qui dresse un front ridé par la mousse et par l’âge,
De lierre tout fendu,

Au seuil de la fontaine opaque et scintillante
Où la source confond,
Rompu par son milieu d’une pointe brillante,
Un abîme profond,

Tu m’apparus soudain, berger de ces collines
Fertiles en pipeaux,
Qui portais, enroulée à tes jambes divines,
La toison des troupeaux.

Tu laissais tour à tour, appuyé dans ta grâce
D’un tendre peuplier,
Sur ton col infléchi que la jeunesse embrasse,
Ta tête se plier,