Page:NRF 1909 2.djvu/23

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Et, par l’orée ombreuse où ta lente stature
Surpassait l’horizon,
Les campagnes mener jusques à ta ceinture
Un chemin de gazon,

Ou sur les bois enfin, les chênes et leur cime
Décroître par degrés,
Et se poursuivre au loin le frisson magnanime
De ces arbres sacrés.

Or, puisant à la gorge où la nymphe moussue,
Ecartant les roseaux,
Coule, et creuse à travers leur tortueuse issue
Le détour de ses eaux,

Cette onde qui se cache, étincelante et noire,
Du reste des humains,
Vers mes lèvres penché, tu m’offris, pour y boire,
La coupe de tes mains.

Alors j’ai reconnu la source et la nourrice
Du sublime vallon,
Et versé dans mon sein ta bouche inspiratrice,
Apollon, Apollon !

Toi qui gardas jadis les brebis chez Admète,
Céleste ravisseur,
Dont le nom seul exprime aux fentes de l’Hymette
Leur plus pure douceur,