Page:NRF 1909 2.djvu/8

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


114 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

dans ses origines, cette droiture et cette clarté dont elle a donné d'éclatants exemples. Et si, en vertu d'une inclination qui n'est point si complai- sante qu'elle le paraît, je lui cherchais une filiation, je la trouverais dans ceci, qu'elle ne consentit jamais rien à l'art, j'entends s'il ne se confond pas avec un principe supérieur d'utilité. La cathédrale de Lectoure n'est pas faite pour me démentir. Rugueuse par le dehors, exfoliée, poreuse et fruste comme une caverne marine, elle s'ouvre à l'inté- rieur sur des proportions exactes et une austère nudité de formes qui la trahissent uniquement préoccupée de son objet qui est l'affirmation de l'intégrité catholique.

Certes au cours de mon rapide voyage, j'avais déjà rencontré d'admirables églises, la cathédrale d'Auch, façade correcte, symétrique et noble, bu- rinée dans la pierre comme dans le bronze, fron- tispice gravé d'une nef peut-être médiocre, mais d'un gothique encore robuste et délicat ; l'église fortifiée de Mirande, toute en contreforts, et dont les arcs-boutants cintrent sur la route des voûtes massives ; les deux églises de Marciac, également dorées et fauves, et qui semblent, tous les jours de la semaine, dans leur jardin de magnolias et de cyprès, mener un doux recueillement dominical ; Condom enfin, qui n'est que sa cathédrale, ce Saint-Pierre qui absorbe et réduit à sa domination souveraine la petite ville morte de torpeur et de

�� �