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128 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

ou d'un Greuze, d'une page de Chardin, de Tocqué ou d'Aved, mais principalement à propos de ces pastels de La Tour qui constituent de merveilleux documents humains, l'auteur pour- suit l'inventaire de tant de richesses peintes.

Dans aucun art le portrait, plus que le portrait français au XVIII e siècle, ne fut représentatif du caractère de toute '" une civilisation polie " ; en aucun temps il n'y eut jamais de plus pénétrants psychologues que ces peintres enjoués ou caus- tiques, à la fois pleins d'acuité, d'abandon et de douceur. " Ce ne sont pas les peintres des visages, ce sont les peintres des esprits et des caractères, ce sont les peintres des âmes, des âmes nues, des âmes vraies, terriblement vraies. " Ces peintres, en M. L. Dumont-Wilden, ont découvert leur commentateur le plus éclairé, le mieux averti, le meilleur ; et lui-même, ce commentateur avisé, n'a-t-il pas acquis, pour parler d'eux avec plus de connaissance et avec plus d'amour, ainsi que Mariette l'écrivait de de Troy en son temps, un peu des grâces de leur pinceau, " du bon air de leur nation ? "

E. P.

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APRÈS L'IMPRESSIONNISME, par J.-C. Holl, (Librairie du XX e siècle).

M. Holl a un idéal élevé, l'esprit droit, le goût sain, de la fougue et de la générosité. Il sait observer et n'avance, en sa critique, rien qui ne soit juste et de bon sens. Qu'il étudie le " gâchis "où se débat aujourd'hui la peinture : arrivisme, amateurisme, concurrence, cynisme ; qu'il fasse remonter le vacillement de la critique d'art au " désir de sauver à tout prix l'œuvre admirable de l'Impressionnisme," préoccupation qui compromet chez le critique les bases rationnelles du jugement; qu'il établisse le bilan de cet Impressionnisme qui ne saurait être considéré comme une école parce qu'il tend à " l'affole- ment de la technique ; " qu'il trace enfin des portraits de Monet, Sisley, Pissaro et Renoir — toujours c'est la même honnêteté, les mêmes généreuses indignations, la même foi.

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