Page:NRF 3.djvu/22

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bien vite qu'elle ne pouvait contenir autre chose. Les uns, accrochés aux quatre murs par des clous, en occupaient toute la surface. Ils étaient là : il y avait des sabots sur les murs, ils avaient pris tant de place que l’on n'était pas certain qu'il en restât pour les murs derrière les sabots. Les autres pendaient par rangées à des cordes tendues en travers de la chambre un peu plus haut que votre tête, et entre chaque rangée il y avait assez d'intervalle pour que l'on pût apercevoir, suspendue à des cordes tendues un peu plus haut que les premières, une seconde couche de sabots. Ce que l'on voyait donnait à prévoir qu'il y avait une troisième couche encore, et comme on n'apercevait pas le plafond, on ne pensait pas à lui, et l'on se disait que quatre, que cinq, que cinquante couches, qu'une pyramide de sabots emplissait jusqu'au toit un grenier situé au-dessus de la maison. Après avoir cru à ceux du grenier, on était porté bien vite à croire à ceux de la cave. Comme une partie du sol de la boutique était occupée par des sabots que l'on avait posés sur le carreau, l'imagination grossie par la vue de tant de ces objets ne se satisfaisait pas d'une vérité si simple, et l'on en arrivait naturellement à penser qu'une masse de sabots déposés dans la cave, avait monté, poussée par la force irrésistible du nombre, ou mieux encore, qu'un volcan de sabots surgi des entrailles de la terre avait crevé le plancher et répandu