Page:NRF 3.djvu/234

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vanité et leur bêtise. Ceci l’habitue à chercher l'intellectualité derrière la mine, mais ceci lui fait prendre aussi une tenue bizarre avec les femmes. Il ne sait s’il va plaire, et veut plaire, d’où en lui de la lourdeur. Là encore, il est double : tantôt il croit plaire et a des élans internes de joie, tantôt il s’aperçoit de son manque de charmes physiques et retombe à sa douleur et à son mépris d’ autrui. Dans l’amour, il est aussi instable, et comme il en est privé il fait des rêves d’avenir, des projets de mariage, comme une jeune fille de bonne tenue.

Avec les hommes, il a un air un peu jaloux à ses propres yeux, il les voit susceptibles d’être aimés et en souffre, et les méprise. Il s’en éloigne, et quand il s’en rapproche, avec cet amoncellement de sensations et d’idées, il ne sait plus l’art des banalités, expose des idées qu’on trouve drôles, ne sait pas les défendre, parce qu’il manque d’assurance à cause de ses dualités. On dit " qu’il n’est pas fait comme le monde ".

Son amour de la solitude, soit parce qu’il veut rêver, soit parce qu’il veut se cacher.

4° Point de vue moral. On le trouve irréprochable, et lui se rend compte de ses déchéances. Il se porte encore là tout entier en lui, constate ses pas vers le bien et vers le mal. A force de se porter en lui, il est fatigué. — D’où des lassitudes et des dégoûts sans nom. Il rougit de lui-même, dans l’ombre.