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JOURNAL DE LA VINGTIEME ANNEE 23 1

qu'il baisse les yeux, et ne sait quelle contenance avoir. Peut-être est-il de la matière trop hypno- tisable, et il se raidit là-contre. — Dans tous ces cas, il ne sait quoi dire, quelles exclamations faire : D'abord il veut montrer son intérêt à la conver- sation (il ne peut arriver à le faire chaleureusement, mais avec ses complications il intervient d'un ton détaché, et trop réfléchi pour être naturel), — puis il veut se garder. 20 octobre 1895.

�� ��Musique de mariage :

Un air, mi-triomphal, mi-lamentable. Est-ce joie ou regret ? Voilà l'aurore de l'inconnu, — le présent grand et précaire, — l'avenir tout dressé,

— comment ?

Instruments, d'un alliage semblable. Le piston comme une montée de gloire très douce, une domination d'harmonies. La clarinette, infiniment prolongée et triste, avec des fuites de choses douces.

Le piston ne représente-t-il pas le bonheur mélangé de mélancolie qu'éprouve le mari ? — Et la clarinette, c'est la chute triste d'une virginité,

— la mort d'une idée devant la vie. C'est pourquoi Jean d'Ombre sentait naître des larmes devant la brutalité de ce jour.

La basse, avec ses grotesques répétitions, per- sonnifie le cortège, la cohue, indifférente, iden-

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