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FERMINA MARQUEZ 379

toujours. C'est le commencement de l'été ; on respire ; et l'on sent jusqu'au fond du cœur la douceur de la France.

��IV.

��Il y avait, près de la serre, un emplacement aménagé pour le tennis. C'était un jeu de filles, que nous mépri- sions, " un jeu de Yankees ". Pour plaire à Fermina Marquez, Santos et Demoisel mirent le tennis en hon- neur. Nous fîmes venir des raquettes, des chaussures spéciales ; ce fut très beau. La jeune fille s'animait beau- coup en jouant ; sa force et son agilité étaient admirables; en même temps, elle savait garder une noblesse et une majesté d'allure que les mouvements les plus rapides ne troublaient pas. On portait alors des manches larges et ouvertes ; chaque fois que la jeune fille levait le bras, sa manche tombait, glissait peu à peu jusqu'au-delà du coude. Je m'étonne encore qu'elle ne sentît pas tous nos regards avides collés, pour ainsi dire, à son bras nu. Un jour, comme elle venait de remettre à Santos sa raquette, la partie finie, Santos, devant elle, baisa le manche de cette raquette.

— Vraiment, vous aimez tant que ça les raquettes?

— Et plus encore la main qui les a tenues. — Santos lui avait saisi le poignet, et y appuya ses lèvres. Elle retira sa main brusquement, et son bracelet, qui s'était ouvert, tomba. Santos le ramassa en disant qu'il le gardait.

— Vous n'oseriez pas ?

— Oh ! je ferai mieux : je vous le rapporterai, chez vous, à Paris, ce soir à onze heures.

— Quelle blague !

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