Page:NRF 3.djvu/40

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Tout est sans force et sans beauté ; tout est sans flamme...
Et fuit, et passe, et penche et croule sans soutien.
Oh ! donne moi tes yeux que visite ton âme
Pour y chercher quand même, un coin du ciel ancien.


C’est en eux seuls qu’existe encor notre lumière
Celle qui recouvrait tout le jardin jadis
À l’heure ou s’exaltait l’orgueil blanc de nos lys
Et l’ascendante ardeur de nos roses trémières.


II


Si le sort nous sauva des banales erreurs
Et du mensonge vil et de la triste feinte,
C’est que, toujours, nous révolta toute contrainte
Dont le joug eût ployé notre double ferveur.


Tu marchas libre et franche et claire sur ta route
Mêlant aux fleurs d’amour tes fleurs de volonté ;
Et redressant vers toi doucement sa fierté
Quand mon front s’inclinait vers la crainte ou le doute.