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400 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

ne m'avait imposé davantage. J'écris mal ressaisi, tout ivre ; s'il y paraît un peu, n'importe ; ce n'est pas un article que voici.

D'autres ont raconté l'histoire des cahiers de Péguy ; jusqu'aujourd'hui leur douteuse fortune a cheminé dans l'ombre, patiemment, longuement, durement. x Puis l'ar- ticle de Michel Arnauld, paru ici même ; et tout aussitôt comme ces feux sur les collines, tout prêts, qui n'atten- daient qu'un signal pour partir, et l'un invitant l'autre s'allument, — l'article de Daniel Halévy dans le Temps ; dans les Débats l'article de C. Lucas de Peslouan... désormais les Cahiers progresseront dans la lumière. Et Péguy l'a bien mérité.

M. C. Lucas de Peslouan cite une interview de Barrés, que je ne connaissais pas, que j'ai plaisir à lire, et plaisir à citer ici : " La littérature en décadence ! Quelle erreur !... Un réveil magnifique des passions et des énergies se manifeste partout dans la jeunesse. . . Allez au Quartier Latin dans cette modeste boutique des Cahiers de la Quinzaine... Rien n'est vulgaire, rien n'est déprimé dans un tel milieu. Voilà des âmes qui débordent. Vous me parlez d'affaiblissement de la pensée et des caractères. Moi je vous montre des groupes d'hommes qui ont un idéal, et, notez-le, un idéal qui commande à leur destinée. C'est cela qui est beau chez un Péguy, chez un Maur- ras. La compagnie perpétuelle de leur pensée leur suffit et les ennoblit. .. " — " Il faut savoir estimer la valeur d'une telle opinion ", ajoute M. C. Lucas de Peslouan...

1 II serait plus exact de dire que Péguy cheminait à l'ombre de ses cahiers.

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