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460 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

retour, sinon régulier du moins périodique, de la rime et de l'assonance : " versus " encore !

" Nous voulons un poème qui soit un chant " écrivait autrefois un critique, Michel Arnauld justement, dans un bel article sur Y Amour Sacré. Je ne crois pas qu'un poème puisse être un chant sans l'assonance ou la rime systématiques. Certes on ne reprochera pas à MM. Duhamel et Vildrac de négliger la question des sonorités dans leur petit livre. " L'allitération, disent-ils, est une des plus essentielles richesses du vers. Nous aimons un vers animé d'un souple jeu de voyelles ou de consonnes, tendant à interpréter harmoniquement les évolutions de la pensée. " Avec beaucoup de subtilité musicale, ils dépistent les allitérations là même où elles jouent le plus mystérieusement... " Arabesques de voyelles " " amas de diphtongues nasales " aucune ne leur échappe. Toute la musique du vers, ne vont-ils pas l'y concentrer ? Je le crains fort. Quand ils arrivent à la rime, à l'assonance qui est la rime atténuée, ils se montrent moins complaisants. Ecoutez ce réquisitoire :

" Nous ne les dirons pas, ces torts de la rime, déclarent-ils. Nous dirons :

La poétique comporte maintenant d'autres protagonistes : la rime est un acteur dont l'em- ploi reste dans ce qu'on appelle au théâtre les «utilités".

Par exemple :

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