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SOIR DE RENTREE 473

et les fontaines pour assister à la fête. Un point, à la ligne.

Ces douces évocations font cligner nos yeux, battre plus vite notre cœur. Comme nous les regardons s'avancer dans leurs habits des diman- ches ces vignerons rieurs, ces laboureurs têtus, ces bûcherons aux jambes arquées comme celles des scieurs de long î Ah ! nous les connaissons bien, ceux-ci, ce sont nos plus vieux amis. Avant-hier encore ils nous saluaient lorsqu'on traversait la petite place de l'église : le vigneron mettait un cercle à un tonneau, le laboureur faisait ferrer ses

)œufs et Guillot le bûcheron était coiffé d'une

rosse toque de fourrure.

Mais le professeur ne s'intéresse pas à eux, il

1e s'arrête pas, son cerveau n'a pas gardé de >uvenirs, non, il presse la voix, au contraire, et

lit claquer la page de son livre : On entre dans des chemins ombragés et coupés

Profondément par la roue des chars rustiques : deux points : on franchit de hautes barrières formées d'un seul tronc de chêne ; point et virgule ; on voyage le long d'une haie d'aubépine où bourdonne l'abeille et où sifflent les bouvreuils et les merles. Un point.

Ah î cette fois, c'est tout le printemps qui bon- dit en nous, avec ses bouffées de parfums, le chant de ses oiseaux, son clair visage baigné de rosée. Nous sommes bien penchés sur ces vieilles tables traversées dans leur longueur par une

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