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LA MORALE ET LA PEDADOGIE DE M. BARRES 613

plus, qu'incapable de donner satisfaction à sa raison, elle n'est pas moins incapable de contenter son coeur. Et le coeur de Pascal a des exigences. Ce grand savant ne se borne pas à humilier la raison par sa doctrine de la science. Sensible, et sensible jusqu'à la neurasthénie, il ne trouve le contentement du cœur que dans la religion où Ta nourri son père, magistrat de Clermont-Ferrand. Pascal est donc bien, en un sens, un romantique, mais il Test précisément de la même manière que Barrés. Cette satisfaction du cœur qu'il cherche, comme les romantiques, il ne la trouve pas comme eux dans les divagations de l'âme et l'anar- chie de l'esprit, dans le libertinage intellectuel et sentimental. Il le trouve au contraire dans l'accep- tation d'une contrainte. Il n'atteint la plénitude qu'il a tant désirée et qui lui arrache des pleurs de joie, qu'en se soumettant à la discipline même qui l'a formé. Ainsi Pascal est un grand savant, auvergnat et malade, qui, après avoir cherché dans toutes les sciences un aliment à son inquiétude passionnée, finit par le trouver simple- ment dans le catéchisme de son curé : son Dieu, ce n'est pas " le Dieu des philosophes et des savants ", c'est " le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob ". 1 — C'est surtout le Dieu de l'Eglise

��1 Ecrit trouvé dans l'habit de Pascal après sa mort. Petite édition Brunschvicg, p. 142.

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