Page:NRF 3.djvu/733

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


POEMES D'UN VOYAGE 723

et ce coup d'éventail dont elles me mettent si parfaitement en oubli ! (Gens d'ici ! abrupts, taci- turnes, ombrageux, et prompts à entrer en pas- sion).

Et les rues fauves et délabrées de ce quartier déchu, abandonné aux pauvres, et que souille la misère. Ces chemins aussi, qui longs entre deux murs à demi versés ne mènent nulle part, finissent parmi les pierrailles et la poudre de ruines, ou s'effacent à travers un champ de gravats et d'or- dures ; ou bien ce n'est plus qu'une piste dans l'herbe d'un lieu vague.

Et partout des enfants traînent, qui vous sui- vent, vous jettent des cailloux, demandent un sou.

�� ��Nous en avons fait le tour, puis nous y avons erré. Cité solitaire ! et de jadis. A la fin j'avais fermé le livre qui nous l'expliquait, qui nous im- portunait de son histoire, du détail de son passé, et nous nous laissions jouir d'elle avec simplicité, nous la constations, y posant les yeux et sur tel mur la main parfois ; et la couleur de ses vieilles pierres suffisait à nous émouvoir, — ô pierres où il semble qu'aient déposé les longs soleils de tant d'étés ! Qu'il est satisfaisant, pensais-je, qu'elles aient si richement bruni I

Et au soir une grande arche ouvrant sur l'occi-

�� �