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FERMINA MARQUEZ 767

obtenu un congé ? " Un soir, bien tard, il était venu, avenue de Wagram, rapporter à la chica un bracelet qu'elle avait laissé tomber, cette sotte, en jouant au tennis, dans le parc de Saint-Augustin. Une autre fois, elle et ses nièces l'avaient rencontré, tout-à-fait par hasard, comme elles sortaient de l'Opéra-Comique : il dissimulait mal, sous un pardessus de civil, la petite tenue des élèves de Saint-Augustin. Mama Doloré n'y com- prenait rien, et d'autant moins que la chica l'avait suppliée (mais sans vouloir s'expliquer) de ne jamais parler de M. Iturria au Préfet des Etudes de Saint- Augustin.

Mais une fois qu'elle eut vu Santos en plein jour sur le pavé de Paris, et un Santos en redingote, en gants clairs et en souliers fins, elle parla de lui à tout le monde. Elle en était coiffée. Elle écrivit tout exprès à son frère, en Colombie, pour lui faire l'éloge de Santos Iturria. Elle alla prendre des renseignements sur la famille Iturria, à la légation du Mexique. Les renseignements furent très satisfaisants. Mama Doloré pensait à la chica. " Y como no ? " — Naturellement, on avait le temps : tous deux étaient encore si jeunes. Et qu'en pensait sa nièce ? C'était là le grand point.

Ce n'était pourtant pas bien difficile à voir. Depuis la Pentecôte, la chica était trop gaie et puis trop pensive. La chica mettait une heure de plus que d'habitude à sa toilette, les jours où l'on allait à Saint-Augustin. La chica était aimée, et peut-être amoureuse.

Elle fut d'abord toute chagrine : Elle pensait avoir réduit au désespoir ce pauvre M. Léniot. Mais était-ce sa faute, à elle ? Et puis, c'était un enfant. Ensuite elle fut

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