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��NOTES

��APOLOGIE POUR NOTRE PASSÉ par Daniel Halévy {Cahiers de la Quinzaine).

Parlant de la brochure de Bernard Lazare qui ouvrit à proprement parler l'affaire Dreyfus, voici ce que dit Daniel Halévy :

14 [Cet écrit] me parvint, dès lors mon souvenir est net. Je le pris en main ; j'en sens encore le contact et le poids. Je l'ouvris, je parcourus quelques lignes avec un pressentiment triste, le pressentiment de toutes les haines dont étaient chargées ces pages redoutables, puis je le déposai sur le coin du meuble où je l'avais trouvé. "

Une grande lassitude fait que dès les premières lignes de l'essai de Daniel Halévy on est tenté d'imiter son geste, de refermer son livre, de laisser dormir les souvenirs d'une lutte où plusieurs d'entre nous dépensèrent la plus belle activité de leur jeunesse. Quoi, rouvrir ce débat ! Les groupements ne sont plus les mêmes qu'il y a dix ans. Celui qui nous réunit ici même et qui est aussi homogène de doctrine, aussi lié par une tâche commune, aussi consacré par l'amitié que jamais groupe ne l'a été, notre revue ne rapproche-t-elle pas des hommes qui luttèrent dans les camps opposés ? En rappelant les anciens désaccords où semblaient engagés nos principes les plus vitaux, ne risquons-nous point de compromettre l'harmonie présente. Non, sans doute, si cette harmonie est faite d'autre chose que de silence et de malentendu. Aussi bien ne s'agit-il pas de politique, mais d'un de ces problèmes de psychologie générale qui conditionnent jusqu'à notre activité littéraire,

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