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772 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

mais impatiente maintenant de revoir le jour, elle arrache son bandeau pour guider Bernard pendant un orage ; si, aveuglée définitivement par l'éclair, elle retrouve, au bord du gouffre, dans l'aveu d'amour de Bernard, la vraie lumière, et tournant le dos à la mort — un peu délibérément à ce qu'il nous a paru — s'engage avec lui dans la sûre voie. Poème plein de talent et de beau style, mais poème — et M. Duhamel s'était révélé dramaturge en commençant !

A bien y réfléchir, n'avait-il pas épuisé dans le premier acte le fonds de son sujet ? pouvait-il là-dessus construire ? pouvait- il, trois actes durant, développer un caractère, dont nous faisi- ons déjà le tour ? Au commencement du second acte nous en eiimes un instant l'espoir... Mais c'était tenter l'impossible! Inévitable hybridité, dont nous avons beaucoup souffert. — Puisse l'auteur, examinant son drame avec recul, d'entre ses qualités brillantes bien discerner ses qualités solides et ne point mépriser celles-ci ! Puisse-t-il montrer dans son prochain drame, ce que nous ne trouvons pas à l'origine de La Lumière, ce par quoi valait Y Armée dans la Ville, un parti pris.

H. G.

��L'OISEAU BLEU, par Maurice Maeterlinck (théâtre Réjane).

Nous ne reviendrons pas sur l'Oiseau Bleu de M. Maurice Maeterlinck, que le théâtre Réjane vient de représenter avec un luxe de décor souvent heureux, inspiré de la mise en scène de Moscou. Dans notre numéro de février 1910, Louis Dumont-Wilden donnait au sujet de cette pièce des appré- ciations auxquelles il n'y a rien à ajouter. Si M. Maurice Maeterlinck ne s'est proposé que de nous donner et de donner aux enfants un magnifique divertissement, s'il ne considère lui-même l'Oiseau Bleu que comme une de ces fantaisies qui complètent plus qu'elles ne constituent l'œuvre d'un écrivain, il faut reconnaître que sa féerie est pleine d'agrément et de belle invention. Çà et là des tirades philosophiques y détonent

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