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CONSEILS A MON FILS 58 1

Mon but est de vous rendre digne de vivre. Si vous ne l'êtes pas, je ne désire point que vous viviez. Mon attachement pour vous est donc et sera toujours en proportion de votre mérite. C'est la seule affection qu'un être raisonnable doive à un autre. Jusqu'ici je n'ai rien découvert de défec- tueux ni dans votre cœur, ni dans votre tête ; au contraire, je crois voir du bon sens dans l'une, des sentiments dans l'autre. Cette persuasion est le seul motif de mon affection présente, qui augmen- tera ou diminuera suivant les différents degrés de votre mérite... Si jamais nous arrivons à nous brouiller, ne comptez sur aucun faible de ma part pour une réconciliation comme cela arrive souvent aux enfants qui savent toujours en amener là des parents imbéciles. Je suis exempt de pareilles faiblesses ; nous ne nous disputerons jamais que sur quelque point essentiel, mais si une fois nous nous séparons, je ne reviendrai jamais. Mais j'es- père et je pense que cette déclaration, car ce n'est point une menace, sera sans objet.

{Lettre XCII — i8 octobre 1747).

Il est des qualités accessoires qui sont de rigueur dans le maniement des affaires, et qui mériteront quelque considération de votre part dans vos moments de loisir. Tel est, par exemple, un pouvoir absolu sur votre humeur, de sorte que rien ne puisse vous pousser à la colère, sous aucun

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