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NOTES 623

C'est précisément un antre contenu que M. Millet voudrait à ces livres. " Le pessimisme de M. Hardy est par essence nébuleux. Puisqu'il nous parlait des campagnes anglaises, il aurait pu s'affliger sur le paupérisme ou la dépopulation, pour ne citer que deux des plus graves problèmes qui s'y posent depuis cinquante ans... " — Evidemment.

J. S.

��LA VIE DE CHARLES D ORLEANS, par Pierre Champion. (Champion).

Après ce livre, il ne reste sans doute plus grand'chose à glaner pour les chartistes. Tous les faits qui concernent la vie de Charles d'Orléans sont établis jusqu'aux plus minimes circonstances. Il n'y a plus matière à dispute que dans le plus ou moins de cas qu'on fait de l'œuvre. Ces poésies sont d'ailleurs de celles dont la signification est moins éclairée qu'obscurcie par un trop vif souci du cadre historique où elles sont nées. A-t-on assez entendu les commentateurs s'étonner que dans l'œuvTC du gentil poète rien ne rappelle les tragiques événements de sa vie, et que ce prince, captif des Anglais pendant une vingtaine d'années, ait pu rimer des strophes précieuses et charmantes tandis que la France était démembrée et mise à sac ! De là à conclure que ce fut au cœur sec, une âme petite et sans générosité, U n'y a qu'un pas. Il se peut que les historiens aient raison pour ce qui est de leur ressort, mais ils ne nous persuaderont guère pour ce qui est de la poésie. Ces rondeaux et ces chansons rendent nn son si plein, si délicat qu'ils ne peuvent sortir que d'un noUe cœur.

En verray je jamais la fin De vos oeuvres, Merencolic t Quand au soir de vous me desHe Vous me ratachez au matin.

Il n'est pas donné à tous les poètes d'exprimer ce qui leur cause le plus de douleur ou de joie. La guerre franco-allemande

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