Page:NRF 7.djvu/1014

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


I008 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

— Oh ! ce que je vous en dis, vous vous en doutez bien, c'est seulement parce que je l'avais vu, dans l'après- midi, à la fenêtre de son étude, causer avec la fille des Gallois.

L'étude était située dans la grand'rue, non loin de la boutique. M'"^ Durand n'était pas. Dieu merci, toujours occupée à vendre des chapeaux. M""^ Frébault rougit, blêmit.

Vous faites bien de m'avertir ! dit-elle. Je vous en

remercie.

— Ah ! madame! la jeunesse d'aujourd'hui !... dit cette bonne M"^^ Durand qui s'ingéniait à ne mécontenter personne, à faire plaisir à tout le monde, peut-être pour vendre le plus possible de chapeaux.

— Mais je me sauve, ajouta-t-elle. Il faut que j'aille cueillir du persil jusque dans mon jardin.

Car, pour aller de sa boutique à son jardin, il fallait qu'elle traversât la moitié de la ville. Elle n'en était pas fâchée, cela lui amenant des occasions de bavarder.

Elle venait à peine de disparaître que M'"* Frébault se précipita dans la grange. Juché sur le fenil — que l'on appelle plus couramment " le foineau " — Frébault s'occupait d'y ranger le blé que l'on avait ramené hier. Ce n'était pas une de ces vraies granges comme on n'en trouve que dans les villages ; le plancher du " foineau n'était pas à une grande distance de l'aire.

Elle n'avait pas encore " digéré " que Frébault, hier soir, eût emmené le Louis en ville, et jusque sur la route pour voir le feu d'artifice.

— Tu sais, dit-elle, il en fait du joli, ton gamin ! Tu peux le faire sortir, le soir ! Mais tu n'y vois donc pas

�� �