Page:NRF 7.djvu/1027

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Un peu dépaysé, il n’osait pas, à Paris comme chez lui, tutoyer tout le monde. Avec Ponceau, il sentait que cela ne tarderait guère,

— Si vous veniez passer vos vacances avec nous ? continua-t-il.

Ponceau sembla réfléchir. Il se mordit la langue pour ne pas répondre :

— Mes vacances ? Mais elles durent toute l’année ! et dit :

— Vous êtes bien aimable. Nous en reparlerons, La poste n’est pas faite pour les Zoulous.

Ils arrivèrent l’après-midi. On ne pensait plus beaucoup à Cougny dans la petite ville. On savait qu’il était parti se marier à Paris et qu’il était capable, ce vieil hébété- là, d’y rester. Les bagages de Marcelle n’avaient guère plus d’importance que ceux de Lucienne : on aurait dit qu’elle aussi ne venait que pour huit jours. Ils consistaient en une malle et une grande caisse. Cougny fit charger le tout sur la voiture de l’Hôtel de la Poste. Ce n’était pas d’aujourd’hui, qu’il connaissait Mathé, le voiturier. Mathé était une des " coteries " à qui souvent il avait payé des verres, mais, à cause de Marcelle, il voulut garder sa dignité. Mathé n’en revenait pas. Il eut envie de lui dire :

— Tu fais bien le fier maintenant ! C’est-y à cause de la pouffiasse que tu ramènes ?

Marcelle, un peu décoiffée, était plus pâle encore que de coutume. Heureusement Mathé garda pour lui son impression. C’étaient deux voyageurs à " charger " : cela n’arrivait point, hélas ! tous les jours.

La voiture, pour les mener à leur maison, devait tra-