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I.o66 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

// est d étoiles rayonnements

Qui ne sortent du cœur qt^au moment

Où sous les pleurs que répand en feuilles

V automne a travers le crépuscule,

Za jeunesse profonde recule

Au cœur de lui-même et s'y recueille.

N'entendez-vous pas dans ces vers l'écho de Verlaine et de Van Lerberghe ?

Mais d'où vient que cherchant telles strophes à citer, je porte irrésistiblement mon choix sur les moins idéologiques, sur celles qui chantent une tendresse, une langueur, une détresse toutes dépouillées d'intention ? N'est-ce pas parce que s'y révèle la qualité proprement poétique du talent de M. Mandin ? N'est-ce pas que dans la démarche purement intellectuelle des autres pièces, je sens que règne encore une sorte de gêne, une certaine dureté des mots, non encore sortis de la prose, non encore arrondis, polis dans la houle harmonieuse de la cadence, encore esclaves du raisonnement ?

Ecoute encor ceci ! Quand sera brisé P esclavage.

Ne le maudis pas trop, car il créa de la beauté !

Oui, parce que ton cœur n^ a jamais voulu V accepter

Il t'a mis hors du temps, hors des vivants, hors de ton âge

Mais parce que jamais tu ne l'as accepté

Il t'a rempli d'une invisible majesté.

Ah ! serf lié dans l'ombre a la vulgarité !

Il t'a mis hors de tout — hors de toute vulgarité :

Car il t'a repoussé dans ton cœur hors des choses

Et t' enfermant dans ta fierté... etc.

Esclavage, beauté, majesté, vulgarité, fierté, voilà bien des mots abstraits... Et certes tous les mots renferment un peu de poésie et nous ne tomberons pas dans cette erreur des faux classiques

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