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NOTES III

Elles me donnent ma leçon de chaque jour, etc.

Et ici je devrais recopier à peu prés tout Charbons sur le mur.

Il n'y a pas jusqu'au balancement antithétique, — la pre- mière partie de tel poème rectifiée par le mais, écrit ou non, de la deuxième, — qu'il n'ait de commun avec Jules Renard. Pourtant, si l'on me permet cet à-peu-près, je dirai que le style, ce n'est pas le jeune homme. Subir une influence n'est rien, si l'on doit s'en dégager. Si ce n'est que rencontre d'esprits frères, M. Landron me sera peut-être reconnaissant de la lui signaler.

Le livre de M. Dagen est d'une qualité différente. Là encore, certains tours de phrases — mais infiniment moins nombreux que dans Charbons sur le mur, — rappellent la manière du Jules Renard des Philippe. Mais on y trouve, sur l'âme du paysan, quantité de détails pittoresques et profonds qui ne sont pas dans Les Philippe, soit que Jules Renard les ait volontaire- ment éliminés, soit qu'ils aient été en dehors de son champ d'observation, soit surtout que son Philippe soit moins un paysan qu'un ou\Tier-paysan. Des deux côtés la matière était abon- dante. Jules Renard en a tiré parti en maître qui possédait tous les secrets de son métier. Mais il s'en faut que l'art de M. Dagen soit méprisable. Je vois bien ce que Jules Renard, qui eût sans doute aimé ce livre, aurait trouvé à y reprendre : r arrangement de la réalité. Non pas que lui-même nous l'ait montrée brute. Nous la déformons tous, par le fait même que, la regardant, nous croyons la voir telle qu'elle est. Mais je parle de la déformation, qu'il n'aimait pas pour son compte, par ce qu'il appelait la petiu histoire avec commencement, milieu et mot de la fin. Il m'écrivait pourtant en 1 906 :

— AV craignez, pas non plus de faire un peu gros. Cest un conseil fraternel que je vous dmne. Sinon on aurait vite fait de votis dire que vous n^ écrivez. " que pour la postérité ".

Ce conseil, les nécessités de la vie peuvent obliger parfois à le suivre ceux qui aimeraient mieux faire fin. Il put, lui, s'en préserver. Mais je m'étonne qu'on n'ait point parlé davantage

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