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114 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

erreur, il la proclame, mais au moment où il va, semble-t-il, se retourner, avec une tendresse grave et avertie, vers la religion de son enfance, il meurt, victime d'un sectaire de la science. — Tel est, très imparfaitement schématisé, le nouveau livre de M. Beaunier, livre sévère où l'auteur s'est dépouillé de son ironie souriante, livre étrange, et, il faut bien le reconnaître, livre obscur et inégal. Le personnage de Michel Bedée paraît quelque peu contradictoire et inconsistant. Le dénouement, mélodramatique, surprend dans un ouvrage de cette inspiration et de cette qualité. Enfin, on peut regretter qu'une thèse préexiste à l'œuvre et que celle-ci ne soit et ne prétende être qu'une " anecdote emblématique ", une représentation symbo- lique. Mais les belles pages — voyez notamment celles qui ont trait à Spinoza et à la vie monastique de Bedée à Rijnsburg — les pages fines, fortes, profondes, abondent.

C. V.

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��CHANSONS DE MER ET D'OUTRE-MER par Daniel Thaly (La Phalange).

Ce petit livre qui nous vient des Antilles n'a pas la saveur poivrée des Tropiques ; en fait, il a moins de saveur, moins de couleur, que d'aisance et de lumière. C'est un filet d'eau trans- parent, que dirige dans son cours le hasard des assonances et des rimes accouplées, bien plus qu'un élan décidé. M. Daniel Thaly devra resserrer le rhythme trop flou auquel il s'abandonne et mettre plus délicatement en valeur ses claires images ; le vers dit libre ne connaît pas si prosaïque liberté.

Voici pourtant, parmi d'autres, une laisse pleine de justesse et de charme ; c'est de là que désormais M. Thaly devra partir s'il recherche une neuve musique :

C^est le mois des frangipaniers.

Les chemins sont blancs sous le clair de lune.

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