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l68 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

De retour dans ta patrie, après tant d'escales et de découvertes, il semblait que tu fusses devenu un plus mâle et plus grand écrivain, que le monde se fît voir à toi sous un jour plus riant, dans une sécurité plus parfaite et plus douce. Hélas ! ton amer destin te ménageait encore des surprises, il te préparait de terribles déceptions, de Foë 1

D'abord, tandis que tu écrivais le Véritable Citoyen Anglais et recommençais à te livrer tout entier à tes chimères, la souffrance, la faillite et le deuil s'ap- prêtaient à te frapper encore : cette fabrique de tuiles qu'il y avait à Tilbury et dont tu étais intendant, elle fit de mauvaises affaires 1 Voilà que tu vis fondre une fois de plus tes économies. De même que les gredins emportaient jadis, dans The Mint, tous les ballots qu'ils t'avaient pillés, de même, avides de se saisir du peu qui te restait, les hommes de loi revinrent. Tes guinées à nouveau fondirent. Ta poche devint bientôt à peu près aussi plate que celle d'un gueux, pauvre Daniel 1 C'est alors que toi qui aurais pu, comme Pope, écrire des balivernes élégantes, acheter les sourires des ladies avec des madrigaux distingués, des son- nets amoureux tournés avec le miel, résolument tu te mis du côté des pauvres.

Pour t'intéresser à ces gens-là, tu n'eus, de ces abords de Saint-Gilles et de Cripplegate où tu étais revenu vivre, qu'à descendre vers Southwark, à gagner Whitechapel, à passer des quartiers où

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