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POÈMES


mes yeux


Oui, tout s’exaltera et fleurira encore
Sans que manque une rose aux jardins de l’aurore,
Sans que s’éteigne un astre aux couronnes des cieux.
Oui, tout rajeunira sous le vent merveilleux
Dans la pleine lumière
Quand vous, hélas ! ne serez plus, mes yeux,
Que cendre vaine sous la terre.


Vous étiez doux et lumineux pourtant,
Et les hivers, et les étés, et les printemps
Ne revêtaient mon vers de leur beauté profonde
Que parce que, d’abord, vous seuls, mes deux yeux clairs,
Aviez aimé le sol, les bois, la brise et l’air
Et la splendeur innombrable du monde.


Vous paraissiez alors deux pensives lueurs
Errantes doucement sur le charme des choses ;