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en forêt


Par les jours de soleil assombri de nuages
Quand Septembre ramené un printemps bref et frais
Sous les calmes midis, l’ombre lente voyage
De l’un à l’autre bout de l’immense forêt.


Le pin l’épand sur l’orme et l’orme sur le chêne
Et le tremble la verse aux pieds du châtaignier,
À peine aperçoit-on dans la combe prochaine
Un morceau de clarté briller sur le sentier.


Tout est repos, senteur, balancements, murmures,
Mais que la frondaison frémisse au cri des vents
Soudain l’orage étreint les farouches ramures,
Et le bois tout entier n’est qu’un danger mouvant.


Égarez vous, mon songe, en cette multitude
De torses violents et de bras exaltés
Pour recueillir en leur sauvage solitude
Une calme et certaine et fière volupté.