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Buissons tordus et troncs ployés et feuilles blêmes
Et volantes au loin vers les champs dégarnis,
Et la lutte, et la haine, et tout là-haut quand même
Les petits des oiseaux qui dorment dans leurs nids.


Et les aquilons fous et leurs ailes sans nombre
Ployant et déchirant les taillis dans leur vol,
Et l’affre et la frayeur et néanmoins dans l’ombre
Les insectes creusant leur maison sous le sol.


Et l’orgueil de savoir que la rage errabonde
Et la rôdeuse envie avec ses cris mauvais
Dès que la vie est haute ou que l’œuvre est profonde
Malgré leurs noirs assauts, ne les troublent jamais.


Émile Verhaeren.