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LES POJÈMES 465

de " son " nom " ? Le ton fut neuf au temps de la Pléiade, que l'école romane n'a point remplacée, on le sait, et que ne remplacera point, j'en suis sûr, l'école néo-classique.

D'où vient que nous accepterions plus volontiers l'archaïsme des " Laudes " de M. Charles de Saint-Cyr ' bien que la forme en soit peut-être moins savante et moins variée ? N'est-ce pas précisément parce qu'il trouve dans sa naïveté même une excuse, parce qu'il ne s'ofire pas à nous agressivement, ainsi qu'une attitude intellectuelle dûment délibérée et intellectuelle tout uniment, parce que le chant de Villon que M. de Saint-CjT imite à travers Verlaine, est le vêtement naturel de l'humilité chrétienne et de la foi, et que ce livre de " Laudes " est un livre de Prières. Au reste, cet archaïsme-là comporte des atténuations modernes ; il s'exempte de toute rigueur ; il s'en remet à l'idée poétique et ne cherche pas à briller personnellement. L'idée y prend souvent un tour abstrait qui rappelle de trop près le " dépouillement " des vers de Verlaine ; mais on y goûtera une réelle émotion. Voici un exemple :

Suavité de la prière

A qui peu de mots ont suffi

Pour dire tout le nécessaire.

Nalvementj comme sans brmty Sans allusion au problème Et sans évoquer Pinfini.

Ou bien encore ceci, " écrit le Jeudi Saint"

Ce cceur révolté de sa peine ^ Seigneur, est-ce bien ce cceur las. Ce cceur effroyablemeni las Mais lassé de douleurs humaines

  • Chez Marcel Rivière.

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