Page:NRF 7.djvu/48

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


42 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

urgentes. La pratique hostile à ces purs théoriciens, imprévue, les repoussait davantage. Leurs hypothèses ne retrouvaient rien de familier dans cette réalité violente. Dépourvus de la connaissance des voies et des appareils de la gare, ils devaient s'obliger à y affirmer leur supériorité et le pouvaient facilement à l'égard de M. Menu, humble à leurs paroles. Ils le récompensaient ainsi :

— Nous rendrons compte en haut lieu de votre activité.

M. Qualin prudemment reparti à son bureau veiller au service général, perchait sur le tabouret du téléphone. M. Legendre sollicita un ordre précis :

— Le 1220 est en gare. Et nous n'avons pas de matériel transbordeur pour assurer l'équilibre. Qu'est-ce qu'il faut faire ?

— Faites le nécessaire.

Cette indication prouvait le calme revenu à M. Qualin et le soin de sa petite affaire. Malgré la suée des déblayeurs, l'amoncellement tenait toujours les deux voies. M. Dasson s'impatientait contre le service du Matériel :

— Ça n'avance pas. Quand va-t-on passer ? Nul ne s'engageait par réponse ferme.

L'ombre opprimait le travail. Les courageux de nuit continuaient à même allure, mais les autres perdaient leur vaillance que ne nourrissaient plus le soleil et l'orgueil d'être vu. Les lampistes entouraient le déraillement de lampes de secours et des fanaux de marche, disponibles par l'arrêt des formations. La navette des hommes au pas lassé, posait les débris en tas énorme derrière le bureau des pointeurs. A un bout de châssis éloigné de la loco- motive, des fers s'arc-boutaient au-dessus du conducteur

�� �