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LE THEATRE 479

Or nous apprenons qu'un document secret a disparu du bord. Malte comme les autres ignore ce qu'il est devenu. Une enquête est ordonnée. Alors Malte rejoint Laurence ; il lui déclare que la tactique qu'on recherche est chez lui, qu'il faut qu'elle empêche à tout prix l'enquête. Laurence questionne lâchement, tremblant d'en trop apprendre. Il lui affirme qu'il n'a rien à se reprocher, qu'il voulait seulement vérifier quelques chiffres. Affolée par le danger que court son amant, Laurence supplie l'amiral d'arrêter les recherches ; à court d'arguments elle se compromet elle-même ; elle va jusqu'à laisser entendre qu'une perquisition chez elle peut menacer sa vie et son honneur. L'amiral comprend-il ? Ses soupçons atteignent-ils sa femme ? C'est une des scènes — et il y en a plusieurs — qui nous ont fait hésiter entre plusieurs pistes et nous interroger sur les intentions de la pièce. L'enquête apporte contre Malte des présomptions accablantes ; il subit l'interrogatoire de l'amiral avec une netteté d'argumentation qui achève de le rendre suspect. Son arrestation est décidée. Alors en une scène où nous avons retrouvé toute l'autorité, la hardiesse et l'élan qui ont placé si haut M*^^'^ Lenéru, Malte avoue son crime à Laurence, il en donne les raisons avec une audace qui remplit sa maîtresse d'horreur, mais où elle sent la force d'un maître. Quel avenir s'offrait à lui, pauvre comme il l'était ? Trahir était encore ce qu'il pouvait faire de moins bête. Si elle ne l'abandonne pas, il peut encore se défendre, se sauver ; mais si elle le repousse, il avouera tout. Elle ne répond pas, mais son silence est déjà une promesse. On emmène Malte. Et alors se produit le coup de théâtre le plus imprévu et le plus déroutant. Un officier aux idées modernes vient reprocher à l'amiral la hâte avec laquelle il a agi. Des présomptions ne suffisent pas, il faut des preuves. Et contre toute attente l'amiral faiblit ; il reconnaît qu'il n'y a pas de charges contre Malte qui suffisent à le faire condamner. Il envisage la possibilité de rétablir l'officier d'ordonnance dans son poste et de démissionner lui-

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