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494 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

du canton ou d'une fête votive locale, entassés dans des carrioles à âne, endimanchés de beaux afFutiaux, sifflant un air gaillard et claquant du fouet.

La santé, la vigueur, la bonne humeur narquoise d'une race de lurons revivent dans ces histoires brèves où les prêtres eux- mêmes, le curé de Truque- M aluque, le curé Flambisse notam- ment, présentent avec bonhomie ce caractère humble et rugueux des curés ruraux dont Ferdinand Fabre traça jadis les por- traits ; mais un récit assez tragique, la Mort de Carnaval, qui n'est pas sans rappeler, sans aucune intention de pastiche d'ail- leurs, la Mort de Carmentran de Paul Arène, témoigne assez que c*est souvent beaucoup plus de l'autre côté du Rhône, au-delà des Alpilles, plutôt que du côté des cantons aimés de Pouvillon, de Fabre et de Cladel, que regarde M. Léon Lafage. Les gâteaux quercynois, flambés sur des fascines de pin, dont usent les héros de ces contes appellent, à plus d'un endroit, le souvenir de ces galettes qu'on cuit dans les mas, autour d'Orgon et de Montmajour. M. Lafage mêle le miel à la pâte; quand il con- temple des rouliers, des bouviers ou des apiculteurs il n'est pas éloigné de les apercevoir toujours à travers ces réminiscences virgiliennes qui communiquent, à tout ce qui est provençal, une saveur de figue et un goût d'amande.

E. P.

��AUGUSTE RODIN : L'ART, entretiens recueillis par M. Paul Gsell (Bernard Grasset).

Si profonde que fût notre admiration pour Rodin, si conscient même que pût nous apparaître son génie, les raisons ne nous manquaient pas de redouter qu'il tînt à s'expliquer un jour. C'est que, loin de répudier les intentions saugrenues qu'il est encore de mode de prêter à la moindre de ses ébauches, il semblait encourager au contraire ce vain jeu d'interprétation.

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