Page:NRF 7.djvu/571

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l'annonce faite a marie 565

O pauvre crime maladroit ! O disgrâce de celle qu'on n'aime pas et à qui rien ne réussit ! Com- ment fallait-il faire puisque je l'aimais et qu'il ne m'aimait pas ?

{Elle se tourne vers JACQUES)

Et toi, ô Jacques, pourquoi ne dis-tu rien ?

Pourquoi tournes-tu ainsi le visage vers la terre sans mot dire,

Comme Violaine, le jour où tu l'accusais injus- tement ?

Ne me reconnais-tu pas? je suis ta femme.

Certes je sais que je ne te parais point belle ni agréable, mais vois, je me suis parée pour toi, j'ai ajouté à cette douleur que je puis te donner ! cette douleur il n'y a que moi qui puisse te la donner. Et je suis la sœur de Violaine.

Il naît de la douleur ! Cet amour ne naît point de la joie, il naît de la douleur ! cette douleur qui suffit à ceux qui n'ont point la joie !

Nul n'a plaisir à la voir, ah, ce n'est point la fleur en sa saison.

Mais ce qu'il y a sous les fleurs qui se fanent, la terre même, l'avare terre sous l'herbe, la terre qui ne manque jamais !

Reconnais-moi donc !

Je suis ta femme et tu ne peux pas faire que je ne le sois point !

Une seule chair inséparable, le contact par le

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