Page:NRF 7.djvu/593

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


QUAND LE PRINTEMPS REVIENDRA 587

VI

Et si l'on casse leur tige creuse, loin qu'elle soit desséchée, il y perce encore une humide sueur, une goutte liquide qui perle et roule au long des vertes fibres, une larme d'un orient sans prix puisée sans doute à quelque surnaturelle rosée.

VII

Quand le printemps reviendra....

Ah ! se peut-il vraiment qu'il revienne ! Sur le vieux mur écaillé de mousse et de soleil, une pâle chaleur de février dore ce jeune plant de lierre dont les grappes tresseront des guirlandes pour la joie de septembre et le plantureux octobre, et le réséda jaune et vermeil embaume aux fentes de la pierre où il semble que nulle semence, si humble qu'elle fût, ne saurait germer et fleurir.

VIII

Mais qui prétend qu'il est emblème de santé ? Et toi, qui t'enchantais de celui-ci et de sa florissante abondance, tes yeux se sont fermés à la beauté du monde ; et dans l'automne où tout ruisselle d'ivresse, de plénitude et de fruits éclatés, déjà tu découvrais, ô toi si jeune ! le secret d'une mélan- colie si tendre que, s'il était permis aux anges d'en ressentir, ils n'en connaîtraient pas de plus douce.

�� �