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59^ LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

terre, cette terre où il ne reste de toi que l'em- preinte rapprochée de tes petits pieds, comme de quelqu'un qui aurait fait soudain son ascension vers les espaces invisibles, sans laisser de soi d'autres traces.

Cette empreinte, ni la pluie ne l'effacera, ni le vent ne peut la réduire en poussière, et les moi- neaux des toits y viendront manger encore le pain que tu leur émiettais, et qui désignait le chemin du retour aux frères du Petit Poucet perdus dans la forêt de la légende.

XVIII

Que de belles histoires je t'ai contées !

Toutes celles oia les fées aux robes de feuilles de rose ou de rayons de ver-luisant font aux pauvres mortels un cortège d'enchantements : la Belle-au-Bois-dormant, le carrosse de Cendrillon, les malheurs de la Princesse Peau-d'Ane, et l'Oi- seau-Bleu, et ces récits des temps anciens où les animaux parlaient. Et toi, tu ne cessais de deman- der : encore ! tellement tu frissonnais d'aise et de désir à l'ouïe de ces délicates aventures.

Mais elles ne te laissaient point étonné ; leurs merveilles se changeaient en réalité pour toi. Hélas ! comment pouvais-tu vivre, puisque l'étrange et le surnaturel étaient dès lors le naturel royaume où tu te mouvais avec tant de douceur, et sur l'aile

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