Page:NRF 7.djvu/693

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


LES POÈMES 687

L'amas des nuages amers Frappe la lune qu^il consume. Vukain furieux sur V enclume Forge et sculpte un autre univers...

Sent-on de quel accent, de quelle musique, s'enrichit ici la stance parnassienne ? Il s'agit toujours de décrire, mais de dé- crire en chantant... Ut pictura poesis. Mais ici nous voyons le poète peindre... J'ai vainement cherché dans l'œuvre grecque de Banville deux quatrains (vides de pensée), qui eussent cette solidité plastique, cette indestructible beauté. L'œuvre de Signoret fourmille de semblables vers ; ils réalisent l'absolu sonore, la sérénité parfaite du mot et le délire contenu, qui constituaient l'hellénisme pour les poètes du Parnasse. L'exquis Banville, Marot du Boulevard, aspirait en vain à la Grèce ; disons que Signoret y a vécu. Mais c'était une âme inspirée.

Henri Ghéon.

�� �