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��D'ADDIS-ABEBA A DJIBOUTI^ VI

30 avril, de Ménahella à Tchoba.

Un confus remue-ménage, vers 4 heures, me réveille en sursaut. J'entends les hommes courir autour de la tente et s'interpeller. Le froid est vif, la nuit noire. Engourdi dans la molle tiédeur du lit, je ne bouge pas et me con- tente de héler le boy couché au seuil, dans les plis de la portière. En apprenant que les nagadis viennent à l'instant de constater la disparition des mulets, je me rendors lâche- ment. A 6 heures, d'ailleurs, bêtes et gens ont regagné le campement. La promenade nocturne a ragaillardi les uns, énervé les autres : coups et ruades font rage durant le chargement. Je pars en avant, les laissant se débrouiller.

Suite de mamelons, de croupes bien boisées, que séparent de courtes vallées peu profondes. La matinée n'est pas tout de suite éclatante à l'ordinaire. Une sorte de pâleur d'aube persiste sous les grands arbres qui nous ombragent. La lumière apparaît hésitante, comme filtrée. Des franco- lins s'appellent entre les aloès barbelés dont les hampes de fleurs rouges inclinent et plient. Tous ces bruits du jour qui se réveille, je les connais à présent, le jacassement des

' Voir numéros des i" Octobre et i" Décembre 1911.

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