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d'aDDIS-ABEBA a DJIBOUTI 76 1

merles métalliques dans les ramures, les cris aigres des pintades et le rauque roucoulement sans allégresse des tourterelles. — A mesure que nous nous éloignons des collines de Ménabella, le taillis se dégage, les oliviers, les grands parasols se font plus rares: par-dessus la brousse découverte qui leur succède, un morne ciel de pluie nous apparaît. De grises nuées recouvrent le massif du Kassam, une obscure et pesante brume qui roule comme une fumée et parfois cache les sommets. Elle crève bientôt ; nous la voyons se distendre, se faire plus opaque, la montagne disparaît tout entière sous l'averse qui s'abat. A notre droite, cependant, tout reste limpide et fine clarté. Admi- rable échappée sur la plaine du Métahara que nous domi- nons un instant. Elle se développe et s'enfonce à l'horizon plus loin que ne porte la vue. Plate et nue, elle semble presque noire, à cause des bancs de lave qui la recouvrent de ci de là. Deux cratères isolés, au cône ébrêché, émer- gent au milieu, nets et bien découpés. Derrière eux, on voit luire, comme un acier courbe, une boucle de la rivière Aouache qui affleure ses rives dégarnies.

La piste dévale une série de cassures, de failles rocheuses, suit les éboulis à flanc de coteau. Au milieu de ces blocs effrités et qui cèdent, les mulets tâtonnent, hésitent, de temps en temps se laissent tomber des deux pieds de devant ; sur l'étroite surface où ceux-ci sont assurés, ils ramènent ensuite les deux pieds de derrière. Abominables secousses que provoque cette descente par saccades et chutes brusquement retenues. D'ailleurs impossible de mettre pied à terre, on aurait tôt fait de s'étaler les quatre fers en l'air ou de rouler dans le vide. Interminable cara- vane que nous croisons au milieu des pierrailles. Un con-

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